Les légendes d'ailleurs dans le monde

Toutes les légendes ne tiennent pas sur une carte d'Europe. Ce hub rassemble les créatures des lointains : déserts d'Arabie, jungles de Malaisie, sommets de l'Himalaya, billabongs d'Australie et abysses sans nom. Un tour du monde en dix monstres, pour les veillées qui voient grand.

Commençons par les sables. Le Djinn appartient au monde arabe depuis avant l'islam : le Coran lui-même décrit ces êtres créés de feu sans fumée, invisibles, capables du meilleur comme du pire, et les Mille et Une Nuits en ont fait les génies des lampes et des anneaux. Dans les déserts rôde une parente plus sinistre, la Goule, démone des lieux abandonnés qui change de forme, hante les cimetières et dévore les voyageurs égarés. Au-dessus de l'océan Indien plane l'Oiseau Roc, rapace si vaste qu'il nourrit ses petits d'éléphants : Sindbad le marin s'accroche à sa serre dans les Mille et Une Nuits, et Marco Polo lui-même rapportait les récits qui en couraient.

L'Asie a ses gardiens d'altitude et ses terreurs nocturnes. Dans l'Himalaya, le Yéti, « l'homme sauvage des neiges » des traditions sherpas, laisse dans les névés des empreintes que les expéditions occidentales photographient depuis les années 1950 sans jamais rien prouver : ours, canular ou légende, le géant blanc garde son mystère. La Malaisie propose plus effrayant encore : le Penanggalan, tête de femme qui se détache la nuit de son corps et vole, entrailles pendantes, en quête de sang. On s'en protégeait en hérissant portes et fenêtres d'épines où ses organes se prendraient.

Plus au sud, l'Australie joue sur les deux registres. Le Bunyip, esprit des billabongs issu des traditions aborigènes, hurle dans la nuit et engloutit qui s'approche trop près des eaux dormantes : les colons du XIXe siècle le cherchèrent très sérieusement. Le Drop bear, lui, est un canular national : ce koala carnivore qui se laisserait tomber des eucalyptus sur les touristes sert surtout à tester leur crédulité, et tout Australien jure ses grands dieux qu'il existe.

Restent les eaux profondes, patrie des plus vieux monstres du monde. Le Serpent de mer traverse les récits de marins de l'Atlantique depuis des siècles : chapelets de bosses, cous interminables, dont la science fera des calmars géants, des bancs de marsouins ou de belles histoires de quart de nuit. Mami Wata, l'esprit des eaux du golfe de Guinée, mi-femme mi-poisson, séduit, enrichit et engloutit selon son humeur : son culte, très vivant, a voyagé avec les diasporas africaines jusqu'aux Amériques. Et tout au fond attend le Léviathan, le monstre marin primordial que décrit déjà le Livre de Job : celui que nul hameçon ne peut tirer, mesure de la petitesse humaine face à l'océan. Des sables aux abysses, la leçon des lointains est partout la même : le monde est plus grand que nous, et il a des dents.

Les créatures (131)

Les lieux de la région en jeu

Questions fréquentes

Le yéti existe-t-il ?

Rien ne le prouve : les analyses menées sur les poils, ossements et empreintes attribués au yéti ont conclu à des ours ou à d'autres animaux connus. La légende, issue des traditions des populations himalayennes, reste néanmoins l'un des grands mythes de la cryptozoologie.

Qu'est-ce qu'un djinn dans la tradition arabe ?

Les djinns sont des êtres invisibles créés de feu sans fumée, mentionnés dans le Coran, capables d'être bons ou mauvais comme les humains. Les Mille et Une Nuits en ont popularisé l'image du génie enfermé dans une lampe ou un anneau, exauçant les voeux de qui le libère.

Régions voisines

Rituels et croyances, Japon, Amérique du Nord et Amérique latine.

Sources

  1. Wikipédia : Djinn
  2. Wikipédia : Yéti
  3. Wikipédia : Serpent de mer