Leppalúði

Leppalúði, créature du folklore (Islande), illustration

Toute la famille des monstres de Noël islandais travaille : Grýla chasse les enfants désobéissants, les treize Garnements pillent les fermes, le Chat de Yule inspecte les garde-robes. Tous, sauf un. Leppalúði, l'époux de Grýla, reste au fond de la grotte, affalé près du chaudron, à attendre que le dîner arrive tout seul. Le folklore islandais a inventé quelque chose de rare : un ogre dont le seul trait mémorable est la paresse.

La légende

Leppalúði est l'ogre au repos. Les récits islandais le décrivent grand, mou et hirsute, vêtu de haillons cousus de peaux, ce que son nom raconte déjà : il évoque en islandais le loqueteux, l'être fait de chiffons. Pendant que sa femme court les vallées avec son sac, lui garde la grotte, remue vaguement le chaudron et somnole.

Sa position dans le ménage n'est pas flatteuse. Grýla est la force du couple : c'est elle qui chasse, elle qui décide, elle qui gronde, et les récits la montrent volontiers rabrouant son époux inutile. Leppalúði est son troisième mari selon les généalogies les plus courantes ; les précédents ont fini diversement, et l'un d'eux serait passé au chaudron. Le survivant a peut-être compris que l'immobilité était une stratégie.

Il est pourtant père d'une dynastie : les treize Garnements de Yule sont ses fils, et certains décomptes anciens prêtent au couple une progéniture bien plus nombreuse encore, jusqu'à une vingtaine d'enfants. L'éducation, manifestement, a été déléguée : les fils tiennent tous de leur mère pour l'énergie, et de leur père pour le rapport décontracté à la propriété d'autrui.

Origines et histoire

Grýla est ancienne : son nom figure déjà parmi les termes désignant les femmes-trolls dans l'Edda en prose du XIIIe siècle. Leppalúði, lui, est plus jeune dans les textes : il apparaît aux côtés de l'ogresse dans les poèmes islandais du XVIIe siècle, à l'époque où les Grýlukvæði, les poèmes de Grýla, fixent la famille dans son rôle de terreur de Noël. Le couple est donc un mariage de plume autant que de grotte.

Sa fonction dans les récits est essentiellement de faire-valoir : donner un époux à Grýla, une famille aux Garnements, et incarner par contraste tout ce que l'ogresse n'est pas. Les folkloristes notent qu'il ne participe presque jamais aux expéditions : les récits qui le sortent de sa grotte sont rares, et il n'a ni tournée, ni chanson, ni jour attitré dans le calendrier de l'avent islandais.

La tradition situe la grotte familiale dans les champs de lave de Dimmuborgir, près du lac Mývatn, dans le nord de l'Islande : un chaos de colonnes volcaniques dont le nom signifie « les forteresses sombres ». Le décor est à la hauteur de la famille, même si son occupant le plus célèbre est aussi celui qui en profite le moins, puisqu'il n'en sort pas.

Variantes et cousins

Leppalúði complète la maisonnée la plus fournie du Noël européen : Grýla son épouse, les treize Garnements de Yule ses fils, le Chat de Yule son colocataire. Le set Les Douze Nuits réunit toute la famille, et il en est le membre le plus discret, ce qui, dans cette famille, est presque une qualité.

Dans la galerie des ogres de la veillée, il fait figure d'exception : l'Ogre classique dévore, le Troll écrase, Gargantua engloutit des provinces. Leppalúði, lui, attend. Il est l'ogre domestique par excellence, celui dont la monstruosité s'est entièrement dissoute dans le canapé, ou ce qui en tient lieu dans une grotte de lave.

Les folkloristes s'amusent de ce que le couple Grýla-Leppalúði inverse les rôles attendus des récits d'ogres : c'est la femme qui chasse et l'homme qui garde le foyer, sans gloire. L'Islande a peut-être produit là le premier ogre au foyer de la littérature européenne.

Dans la culture

Leppalúði apparaît partout où sa famille apparaît : dans le poème Jólin koma de Jóhannes úr Kötlum (1932) qui a fixé le Noël islandais moderne, dans les livres pour enfants, et dans les fêtes de décembre où des acteurs incarnent la maisonnée au grand complet. Son rôle y est immuable : il dort, il grogne, il réclame à manger, et les enfants islandais l'adorent précisément pour cela.

On peut le rencontrer en Islande : des statues du couple trônent à Akureyri, la grande ville du nord, et les grottes de Dimmuborgir accueillent en décembre les visiteurs venus voir où vivent les Garnements. Leppalúði y tient sa place, généralement allongé.

Dans Crie au loup, Leppalúði est fidèle à lui-même : une masse énorme, sans capacité, qui ne fait rien d'autre qu'être là. C'est exactement sa légende : neuf points de puissance de paresse pure, qu'il faudra bien que quelqu'un déplace.

Questions fréquentes

Qui est Leppalúði ?

L'époux de l'ogresse Grýla dans le folklore de Noël islandais, et le père des treize Garnements de Yule. Grand, hirsute et vêtu de haillons, il est surtout célèbre pour sa paresse : il reste au fond de la grotte familiale pendant que le reste de la maisonnée terrorise les vallées.

Que signifie le nom Leppalúði ?

Il évoque en islandais l'être loqueteux, fait de chiffons et de guenilles : leppur désigne le lambeau d'étoffe. Le nom résume le personnage, un ogre avachi dans ses haillons, à mille lieues de l'énergie féroce de son épouse.

Depuis quand Leppalúði existe-t-il ?

Il apparaît dans les poèmes islandais du XVIIe siècle consacrés à Grýla et à sa famille, les Grýlukvæði. Grýla elle-même est bien plus ancienne : son nom figure déjà dans l'Edda en prose du XIIIe siècle parmi les désignations de femmes-trolls.

Où vit Leppalúði ?

Dans la grotte familiale que la tradition situe à Dimmuborgir, un champ de lave aux colonnes spectaculaires près du lac Mývatn, dans le nord de l'Islande. On peut y croiser la famille en décembre, incarnée pour les visiteurs, Leppalúði compris, généralement en position allongée.

Légendes voisines

Sources

  1. Wikipedia (EN) : Grýla (et Leppalúði)
  2. Guide to Iceland : Grýla and Leppalúði, the Parents of the Yule Lads
  3. Mental Floss : A Brief Guide to Iceland's 13 Mischievous Yule Lads

Leppalúði dans Crie au loup

Ce site accompagne Crie au loup, un jeu de cartes gratuit sur les créatures du folklore. Leppalúði y coûte 5 chandelles pour 9 de puissance, avec cette capacité : « À la fin de chaque tour, s'il n'est pas seul : dévore l'allié le plus faible d'ici et absorbe sa puissance. » La carte ne vise rien en face : à chaque fin de tour, si quelqu'un lui tient compagnie, elle mange le plus faible de vos alliés du lieu et grossit d'autant. Toute la légende de Leppalúði tient là, l'ogre affalé au fond de la grotte qui attend que le dîner vienne à lui.

On peut la croiser sur Bûcher du solstice, Plaine de midi et Plein midi, lieux de sa région dans le jeu.

La carte parmi les 252

Coût 5, puissance 9 : Leppalúði frappe plus fort que 90 % du bestiaire. Plus un point est gros, plus il y a de cartes sur cette case.

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