La Tante Arie

Tante Arie, créature du folklore (Franche-Comté), illustration

Dans le pays de Montbéliard, en Franche-Comté, le père Noël est un nouveau venu : pendant des siècles, c'est une fée qui a fait la tournée de Noël. La Tante Arie, vieille dame en habit de paysanne comtoise, descend de sa grotte avec son âne Marion chargé de présents. Aux enfants sages, les oranges et les biscuits ; aux autres, le bonnet d'âne. Et derrière la fée, dit la légende, se cache le souvenir d'une comtesse très aimée.

La légende

La Tante Arie, ou Tante Airie comme on l'écrit aussi, vit retirée dans une grotte des contreforts du Lomont, au fond des forêts du pays de Montbéliard. On la disait fileuse : près de son rouet, elle écoute ce que le vent lui apporte, les vœux et les chagrins des enfants du pays. À Noël, elle sort de sa retraite et fait la tournée des villages avec son âne Marion, chargé de cadeaux.

Sa distribution est un jugement : oranges, biscuits, gâteaux et marrons pour les enfants sages ; le bonnet d'âne pour les autres. La fée étend d'ailleurs son inspection aux adultes : déguisée en pauvresse, elle demande l'hospitalité, éprouve la charité des ménages, et récompense les foyers laborieux et généreux, parfois d'une pièce d'or. Les avares et les méchants n'ont droit qu'à sa froideur.

Un conte local résume son seul point sensible. Une fille nommée Madeleine répandit le bruit que la Tante Arie avait des pattes d'oie ; au matin de Noël, Madeleine trouva une verge dans ses souliers. La fée pardonnait tout, dit le conte, sauf la calomnie et la méchanceté gratuite. Les pattes d'oie, elles, sont restées accrochées à son image, comme à d'autres fées filandières des traditions comtoises.

Origines et histoire

La tradition donne un nom et des dates à sa fée : Henriette d'Orbe, comtesse de Montbéliard (1387-1444). Héritière du comté en 1407, mariée au comte Eberhard IV de Wurtemberg, elle gouverna seule après la mort de son mari en 1419, et régna sur Montbéliard en bienfaitrice jusqu'à sa mort en 1444 au château d'Étobon. La légende locale veut que la comtesse regrettée soit devenue, dans la mémoire populaire, la bonne fée du pays : Arie serait son prolongement merveilleux.

Cette identification est une tradition, pas un fait d'archives : les folkloristes y voient plutôt la rencontre entre le souvenir d'une souveraine aimée et un fonds plus ancien de fées protectrices et filandières, ces dames aux pattes d'oie que le folklore comtois et jurassien connaît bien. La grotte, le rouet et l'âne appartiennent à ce fonds-là.

Le particularisme religieux du pays de Montbéliard, terre luthérienne, explique en partie la longévité de la fée : ni saint Nicolas ni père Noël n'y avaient cours, et c'est la Tante Arie qui portait seule les étrennes des enfants. Elle a tenu ce rôle jusqu'à ce que le père Noël du XXe siècle vienne lui faire concurrence, sans jamais la déloger tout à fait.

Variantes et cousins

La Tante Arie appartient au petit cercle des donatrices de Noël féminines d'Europe, où elle voisine avec la Befana italienne : deux vieilles dames, deux tournées nocturnes, deux jugements rendus dans les chaussons des enfants. Le rapprochement est d'ailleurs devenu classique chez les folkloristes qui comparent les « mères Noël » régionales.

Ses pattes d'oie la rattachent à une autre lignée : celle des fées filandières et des reines aux pieds d'oiseau, la reine Pédauque du Midi, les fées au rouet des veillées comtoises. Et sa fonction d'inspectrice des ménages, récompensant les laborieux et punissant les négligents, en fait une cousine adoucie de la Dame Holle et de la Perchta germaniques, déjà présentes à la veillée.

Dans le set Les Douze Nuits, elle occupe une place à part : parmi les croquemitaines, les ogresses et les épouvantails, la Tante Arie est la douceur même, la preuve que la saison sombre a aussi produit des figures entièrement bienveillantes.

Dans la culture

La Tante Arie est aujourd'hui l'emblème vivant des Lumières de Noël, le marché de Noël de Montbéliard : elle y tient sa maisonnette, reçoit les enfants presque chaque jour de l'avent, et sa silhouette en coiffe comtoise, la câle à diairi, est partout dans la ville illuminée. Montbéliard revendique fièrement sa « mère Noël » comme signe distinctif face aux marchés alsaciens voisins.

La presse régionale raconte régulièrement son histoire, entre légende d'Henriette et traditions luthériennes du pays, et la fée figure dans tous les recueils de contes francs-comtois. Sa grotte supposée, dans les environs du Lomont, fait partie des curiosités que l'on montre aux promeneurs.

Dans Crie au loup, la Tante Arie fait ce qu'elle a toujours fait : veiller sur les siens. Tour après tour, sa présence réconforte tous ceux qui l'entourent, comme la fée récompensait, soir après soir, les foyers qui le méritaient.

Questions fréquentes

Qui est la Tante Arie ?

La fée de Noël du pays de Montbéliard, en Franche-Comté : une vieille dame en habit de paysanne comtoise qui vit dans une grotte, file au rouet, et descend à Noël avec son âne Marion distribuer cadeaux aux enfants sages et bonnets d'âne aux autres. Elle a longtemps tenu le rôle du père Noël dans la région.

La Tante Arie est-elle la comtesse Henriette ?

C'est ce que dit la tradition locale : la fée serait le prolongement merveilleux d'Henriette d'Orbe, comtesse de Montbéliard (1387-1444), souveraine bienfaitrice restée très aimée. Les folkloristes y voient la rencontre entre ce souvenir historique et un fonds plus ancien de fées protectrices aux pattes d'oie.

Pourquoi la Tante Arie a-t-elle des pattes d'oie ?

Le détail la rattache aux fées filandières et aux reines aux pieds d'oiseau du folklore, comme la reine Pédauque. Un conte local en fait aussi une calomnie punie : la jeune Madeleine, qui avait répandu la rumeur des pattes d'oie, trouva une verge dans ses souliers au matin de Noël.

Où rencontrer la Tante Arie aujourd'hui ?

Aux Lumières de Noël, le marché de Noël de Montbéliard, dont elle est l'emblème : elle y reçoit les enfants dans sa maisonnette pendant tout l'avent, en coiffe comtoise traditionnelle, et sa silhouette accompagne toutes les illuminations de la ville.

Légendes voisines

Sources

  1. Wikipédia : Tante Arie
  2. Mon Grand-Est : Qui est Tante Airie de Montbéliard ?
  3. Journal francophone de Budapest : Les origines de la légende de la Tante Airie

Tante Arie dans Crie au loup

Ce site accompagne Crie au loup, un jeu de cartes gratuit sur les créatures du folklore. Tante Arie y coûte 4 chandelles pour 5 de puissance, avec cette capacité : « À la fin de chaque tour : gagnez 1 point d’Encre (les étrennes que l'âne Marion porte de village en village). » Tour après tour, la carte vous rapporte un peu de quoi jouer : c'est la tournée de la Tante Arie, qui ne se bat pas et ne renverse rien. Elle descend de sa grotte avec son âne Marion chargé de présents et laisse les étrennes de village en village.

On peut la croiser sur Bûcher du solstice, Plaine de midi et Plein midi, lieux de sa région dans le jeu.

La carte parmi les 252

Coût 4, puissance 5 : Tante Arie frappe plus fort que 58 % du bestiaire. Plus un point est gros, plus il y a de cartes sur cette case.

01234560471114coût en chandellespuissanceÁine, Alkonost, Ammit, Baku, Barbegazi, Bugul Noz… (3/4)Alp, Anguana, Boggart, Boitatá, Croque-mitaine, Dame Blanche… (2/3)Amaterasu, Gargantua, Le Diable, Piasa, Tatzelwurm (6/10)Ankou, Djinn, Grendel, Gwyn ap Nudd, Kochtcheï, Nessie… (5/8)Baba Yaga, Centaure, Cerf blanc, Chapalu, Garache, Huldra… (3/5)Banshee, Belsnickel, Charon, Chupacabra, Clurichaun, Gargouille… (2/2)Basilic, Kuchisake-onna, Kumiho, L’Écho, Lavandières de nuit, Le Cadet… (3/2)Bécut, Dahu (2/5)Black Annis, Chimère, Curupira, Dullahan, Isonade, Joulupukki… (4/6)Bloody Mary, L'Olifant, Le Carnet du père, Loup-garou (3/1)Bouc de Yule, Drop bear, L'Auto-stoppeuse, Le Somnambule, Pooka (2/4)Brownie, Cat Sìth, Chat de Yule, El Coco, Gnome, Jack-in-the-Green… (1/2)Bulgae, Chaneque, Diablotin, Domovoï, Farfadet, Feu follet… (1/1)Bunyip, Grootslang, Ogre (4/8)Caramantran, La Lune rousse, Le Coffre, Le Gibet, Les Bottes de sept lieues, Ningyo (2/1)Chang'e, Dame de la Lune, Charybde, Chasse sauvage, Mesnie Hellequin (5/6)Changeling, Strigoï (2/0)Cirein-cròin, Kraken (5/11)Comte Arnau, Dame Holle, Dragon, Ogresse, Oiseau de feu, Simorgh… (5/7)Cortège des Tsukumogami, Le Conteur (6/7)Coulobre, Drac, Each-uisge, Golem (3/6)Cŵn Annwn, Dip, L'Aîné, Le Hollandais volant, Nosferatu, Penanggalan… (4/4)Diable de Jersey, Oiseau-tonnerre, Qilin, Scylla (4/7)Dragon de Wawel, Draugr, Gaasyendietha, Graoully, Leppalúði, Oni… (5/9)El Silbón, Gorgone, Máni, Roi des Aulnes, Selkie (3/3)Géant des montagnes (6/13)Grand Méchant Loup, Oiseau Roc (6/11)Jean Chastel (5/5)La Befana, La Diablesse, Père Fouettard, Roi des Korrigans, Stryge (6/8)La Chaîne, Matagot, Tió de Nadal, Utburd (1/0)La Main de gloire (4/2)La Nuit de Kupala, Le Jour le plus long, Le Miroir voilé, Les Douze Nuits (4/3)Les Nornes (5/3)Léviathan (6/14)Louhi, Merlin, Reine des fées, Spring-heeled Jack (6/9)Marid (6/12)Poulpiquet (1/3)Sasquatch (5/10)Troll (3/7)Wendigo (3/10)Avec Tante Arie : Abhartach, Bête du Gévaudan, Black Shuck, Cailleach, Dragons de DuhamelTante Arie