Le Jour le plus long

Le Jour le plus long, créature du folklore (Pyrénées), illustration

Une fois par an, le soleil s'arrête. C'est le sens même du mot solstice : sol stitium, le soleil immobile. Il se lève au plus au nord, il se couche au plus au nord, et pendant quelques jours sa course ne bouge plus avant de repartir en arrière. C'est le jour le plus long de l'année, et l'Europe l'a fêté partout de la même manière : par le feu. On monte un bûcher sur la hauteur, on saute par-dessus les flammes, et l'on tient la nuit en respect jusqu'à ce qu'elle cède.

La légende

La croyance est simple et tenace : ce soir-là, la lumière peut être retenue. Les feux de la Saint-Jean, allumés dans la nuit du 23 au 24 juin, ne sont pas de simples réjouissances. On les bâtit ensemble, en pyramide ou en étoile, fagots, genêts et bois mort, souvent couronnés d'un bouquet. On danse autour dans le sens du soleil. On saute les flammes quand elles sont retombées, et le saut promet, selon les régions, le mariage dans l'année, la protection contre les fièvres ou simplement la chance.

Le feu sert encore après sa mort. On rapporte chez soi un tison ou une poignée de cendres : contre la foudre, pour protéger l'étable, pour semer aux champs. On fait passer les bêtes dans la fumée. Des textes médiévaux expliquaient déjà que ces bûchers empêchaient les sorciers de passer cette nuit-là : le feu du solstice est une muraille de lumière dressée pour l'année entière.

Le même soir, on cueille les herbes de la Saint-Jean — millepertuis, armoise, sureau, fougère — dont la tradition veut qu'elles atteignent leur plein pouvoir cette nuit-là, et seulement cette nuit-là, à condition d'être ramassées avant l'aube. Plus au nord, la lumière fait le travail toute seule : au-delà du cercle polaire, le soleil ne se couche pas du tout, et la Scandinavie fête son Midsommar dans un jour qui ne finit pas.

Origines et histoire

Le solstice d'été tombe vers le 20 ou le 21 juin dans l'hémisphère nord. Il est repérable sans instrument, ce qui en fait l'un des plus anciens repères de l'humanité : les grands alignements néolithiques, Stonehenge en tête, y sont orientés, et le lever du soleil de ce matin-là y attire toujours des foules. Fêter le point culminant de la lumière est probablement l'un des gestes rituels les plus continûment attestés d'Europe.

Le christianisme n'a pas éteint la fête, il lui a donné un patron : la nativité de saint Jean-Baptiste, fixée au 24 juin parce que l'Évangile le fait naître six mois avant le Christ. Le solstice d'été recevait ainsi son saint, comme le solstice d'hiver avait reçu Noël. Pendant des siècles, des Flandres à la Provence, la nuit du 23 au 24 juin a été la grande nuit du feu, avec ses variantes infinies que les folkloristes, Van Gennep en tête pour la France, ont cartographiées vallée par vallée.

Chaque région avait sa manière : torches promenées dans les campagnes bretonnes, feux de quartier en Alsace, brandons portés en procession, roues enflammées lâchées dans les pentes. Les Pyrénées ont conservé la version la plus spectaculaire, et l'UNESCO a inscrit en 2015 les fêtes du feu du solstice d'été des Pyrénées au patrimoine culturel immatériel, pour l'Andorre, l'Espagne et la France : on y descend de la montagne à la nuit, torches et troncs enflammés à la main, jusqu'aux bûchers des villages. Pour les jeunes gens, cette descente marque le passage à l'âge adulte.

Variantes et cousins

Le jour le plus long est le miroir exact des Douze Nuits, à l'autre bout de l'année : là où l'hiver ouvre une parenthèse d'obscurité que l'on traverse en se barricadant, l'été en ouvre une de lumière que l'on traverse dehors, ensemble, autour d'un feu. Les deux fêtes se répondent geste pour geste, et les deux servent la même fonction : marquer que le temps vient de basculer.

Ses cousins immédiats sont la Nuit de Kupala des pays slaves, avec ses couronnes de fleurs confiées à la rivière, et le Midsommar scandinave. En Irlande, les feux de la Saint-Jean s'allumaient sur les hauteurs et les collines associées à Áine, figure solaire du Munster. Ailleurs, la même nuit s'appelle Midsummer, Sânziene ou Jaanipäev : peu de rites européens sont aussi largement partagés.

Le revers de la fête est bien documenté aussi : parce que la lumière est à son maximum, on croyait les puissances de l'ombre particulièrement actives cette nuit-là, et le bûcher servait autant à célébrer qu'à repousser. La Saint-Jean est une fête de la lumière qui n'existe que parce qu'elle sait ce qu'il y a en face.

Dans la culture

Le solstice d'été a nourri toute une part de l'imaginaire européen, du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, qui se déroule à la Saint-Jean, aux nuits blanches de la littérature nordique et aux tableaux de feux de village du XIXᵉ siècle. Il reste une fête bien vivante : Midsommar est l'un des grands rendez-vous de l'année en Suède, la Saint-Jean-Baptiste est la fête nationale du Québec, et les fêtes du feu pyrénéennes rassemblent chaque année des vallées entières autour d'un savoir-faire transmis, jusqu'aux enfants qui portent leur première torche.

Dans Crie au loup, la carte tient sa promesse : elle ajoute un jour à la veillée. C'est le contrepoint exact des Douze Nuits, et le seul moyen de prolonger une partie sans offrir un tour de plus aux créatures de l'ombre. Le soleil s'arrête un instant, et tout ce qui a besoin de lumière en profite.

Questions fréquentes

Quand tombe le jour le plus long de l'année ?

Au solstice d'été, vers le 20 ou le 21 juin dans l'hémisphère nord. C'est le jour où le soleil atteint sa position la plus haute et où la durée d'ensoleillement est maximale. Le nom vient du latin sol stitium, le soleil arrêté : pendant quelques jours, son point de lever ne bouge plus avant de repartir vers le sud.

Pourquoi allume-t-on des feux à la Saint-Jean ?

Le feu de la Saint-Jean est la forme rituelle de la fête du solstice : il célèbre la lumière à son sommet, protège la maison, l'étable et les récoltes, et écarte ce qui rôde. On saute par-dessus les flammes pour la chance, on fait passer les bêtes dans la fumée, et l'on rapporte chez soi un tison ou des cendres comme talisman pour l'année.

Quel est le rapport entre le solstice et saint Jean-Baptiste ?

L'Église a fixé la nativité de Jean-Baptiste au 24 juin, six mois avant Noël, selon la chronologie de l'Évangile. La grande fête du solstice d'été s'est ainsi trouvée dotée d'un patron chrétien, sans que ses feux, ses sauts ni ses herbes disparaissent.

Les feux du solstice existent-ils encore ?

Oui. Les fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées sont inscrites depuis 2015 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO pour l'Andorre, l'Espagne et la France. Le Midsommar suédois et la Saint-Jean québécoise, devenue fête nationale, comptent parmi les plus grands rendez-vous annuels de leurs pays.

Légendes voisines

Sources

  1. Wikipédia : Solstice
  2. Wikipédia : Fête de la Saint-Jean
  3. UNESCO : Les fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées

Le Jour le plus long dans Crie au loup

Ce site accompagne Crie au loup, un jeu de cartes gratuit sur les créatures du folklore. Le Jour le plus long y coûte 4 chandelles pour 3 de puissance, avec cette capacité : « À sa révélation : la veillée dure un JOUR de plus. Au solstice, les feux de la Saint-Jean retiennent le soleil au-dessus de l’horizon. » La veillée dure un jour de plus. C'est le solstice : le soleil s'arrête au-dessus de l'horizon et refuse de céder la place. Contrairement aux Douze Nuits, le tour ajouté est un jour plein — rien à en tirer pour les nocturnes, et aucun coq n'a besoin d'y chanter.

On peut la croiser sur Bûcher du solstice, Plaine de midi et Plein midi, lieux de sa région dans le jeu.

La carte parmi les 252

Coût 4, puissance 3 : Le Jour le plus long frappe plus fort que 33 % du bestiaire. Plus un point est gros, plus il y a de cartes sur cette case.

01234560471114coût en chandellespuissanceAbhartach, Bête du Gévaudan, Black Shuck, Cailleach, Dragons de Duhamel, Griffon… (4/5)Áine, Alkonost, Ammit, Baku, Barbegazi, Bugul Noz… (3/4)Alp, Anguana, Boggart, Boitatá, Croque-mitaine, Dame Blanche… (2/3)Amaterasu, Gargantua, Le Diable, Piasa, Tatzelwurm (6/10)Ankou, Djinn, Grendel, Gwyn ap Nudd, Kochtcheï, Nessie… (5/8)Baba Yaga, Centaure, Cerf blanc, Chapalu, Garache, Huldra… (3/5)Banshee, Belsnickel, Charon, Chupacabra, Clurichaun, Gargouille… (2/2)Basilic, Kuchisake-onna, Kumiho, L’Écho, Lavandières de nuit, Le Cadet… (3/2)Bécut, Dahu (2/5)Black Annis, Chimère, Curupira, Dullahan, Isonade, Joulupukki… (4/6)Bloody Mary, L'Olifant, Le Carnet du père, Loup-garou (3/1)Bouc de Yule, Drop bear, L'Auto-stoppeuse, Le Somnambule, Pooka (2/4)Brownie, Cat Sìth, Chat de Yule, El Coco, Gnome, Jack-in-the-Green… (1/2)Bulgae, Chaneque, Diablotin, Domovoï, Farfadet, Feu follet… (1/1)Bunyip, Grootslang, Ogre (4/8)Caramantran, La Lune rousse, Le Coffre, Le Gibet, Les Bottes de sept lieues, Ningyo (2/1)Chang'e, Dame de la Lune, Charybde, Chasse sauvage, Mesnie Hellequin (5/6)Changeling, Strigoï (2/0)Cirein-cròin, Kraken (5/11)Comte Arnau, Dame Holle, Dragon, Ogresse, Oiseau de feu, Simorgh… (5/7)Cortège des Tsukumogami, Le Conteur (6/7)Coulobre, Drac, Each-uisge, Golem (3/6)Cŵn Annwn, Dip, L'Aîné, Le Hollandais volant, Nosferatu, Penanggalan… (4/4)Diable de Jersey, Oiseau-tonnerre, Qilin, Scylla (4/7)Dragon de Wawel, Draugr, Gaasyendietha, Graoully, Leppalúði, Oni… (5/9)El Silbón, Gorgone, Máni, Roi des Aulnes, Selkie (3/3)Géant des montagnes (6/13)Grand Méchant Loup, Oiseau Roc (6/11)Jean Chastel (5/5)La Befana, La Diablesse, Père Fouettard, Roi des Korrigans, Stryge (6/8)La Chaîne, Matagot, Tió de Nadal, Utburd (1/0)La Main de gloire (4/2)Les Nornes (5/3)Léviathan (6/14)Louhi, Merlin, Reine des fées, Spring-heeled Jack (6/9)Marid (6/12)Poulpiquet (1/3)Sasquatch (5/10)Troll (3/7)Wendigo (3/10)Avec Le Jour le plus long : La Nuit de Kupala, Le Miroir voilé, Les Douze NuitsLe Jour le plus long