La Nuit de Kupala

La Nuit de Kupala, créature du folklore (Slavie), illustration

Une nuit par an, dans les campagnes de Pologne, d'Ukraine, de Biélorussie et de Russie, l'année bascule : c'est Kupala, la nuit du solstice d'été. On allume des feux au bord des rivières, on saute par-dessus les flammes, les filles confient leurs couronnes de fleurs au courant, et les plus braves partent chercher dans la forêt une fleur qui n'existe pas. La plus courte nuit slave est aussi la plus pleine.

La légende

Kupala est une nuit d'eau et de feu, les deux éléments qui commandent la fête. L'eau d'abord : le nom lui-même se rattache au verbe slave qui signifie se baigner, et le bain rituel, dans la rivière ou la rosée, ouvre la célébration. Le feu ensuite : de grands bûchers s'allument à la tombée du soir près des berges, parfois au moyen du feu nouveau, obtenu par friction comme aux plus anciens âges.

Autour de ces feux se joue le grand théâtre de la nuit. On saute par-dessus les flammes : qui saute le plus haut et le plus franc sera le plus heureux. Les couples s'élancent main dans la main : si leurs doigts ne se lâchent pas au-dessus du feu, l'union se fera. Sur l'eau, les jeunes filles déposent leurs couronnes de fleurs piquées de chandelles : une couronne qui flotte loin promet chance, longue vie ou mariage ; une couronne qui coule fait baisser les yeux. En aval, bien sûr, les garçons guettent les couronnes pour identifier leur expéditrice.

Et pendant que le village danse, les plus téméraires s'enfoncent dans la forêt : c'est la seule nuit où fleurit la fougère, et qui trouve la fleur impossible trouvera trésors et pouvoirs. La nuit de Kupala est aussi une nuit à herbes : celles qu'on cueille avant l'aube passent pour être au maximum de leur vertu, et l'armoise ou les orties protègent des sorcières, qu'on dit particulièrement actives à ce tournant de l'année.

Origines et histoire

La fête est de toute évidence antérieure au christianisme des terres slaves : c'est une célébration du solstice, ce moment où le soleil culmine et commence à décliner. L'Église l'a arrimée à la nativité de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, d'où son nom complet de nuit d'Ivan Kupala, « Jean le Baigneur », un surnom qui christianise jusqu'au bain rituel. Chez les Slaves de l'Ouest, on la fête ainsi autour du 23-24 juin ; chez les Slaves de l'Est restés au calendrier julien, elle tombe dans la nuit du 6 au 7 juillet.

Les clercs du Moyen Âge ont laissé des condamnations répétées de ces jeux « démoniaques », feux, danses et licences de la nuit la plus courte : preuve en creux que la fête se portait bien. Elle a traversé les siècles en se pliant juste ce qu'il fallait, gardant ses feux sous un patronage chrétien, et ses couronnes sous couvert de divination innocente.

Les folkloristes y lisent un condensé des fonctions du rite calendaire : purification par l'eau et le feu, protection des récoltes au moment critique de l'année, et grand marché matrimonial à ciel ouvert. Car Kupala est d'abord la nuit des jeunes gens : les jeux, les sauts, les couronnes et la quête de la fougère organisent la rencontre amoureuse avec une efficacité que n'aurait reniée aucune institution.

Variantes et cousins

Kupala est la version slave d'une nuit que toute l'Europe connaît : les feux de la Saint-Jean, présents dans ce même set, en sont le jumeau occidental, des Pyrénées à la Bretagne, et la Scandinavie fête au même moment son Midsommar. Partout les mêmes gestes : le bûcher, le saut, les herbes, la nuit blanche. Le solstice est probablement la fête la mieux partagée du continent.

Dans le set, la Fleur de fougère est l'enfant direct de cette nuit : son trésor introuvable n'éclot qu'ici. Yarilo, le jeune printemps slave, la précède dans le calendrier, et la rusalka, déjà au jeu, hante les mêmes rivières : la semaine des roussalki précède justement la Saint-Jean slave, et les couronnes qui flottent sur l'eau naviguent en terrain habité.

Dans la culture

La nuit de Kupala a inspiré quelques classiques : Gogol lui a consacré une de ses Soirées du hameau, La Nuit de la Saint-Jean, et le cinéma comme la peinture slaves reviennent sans cesse à l'image des couronnes enflammées sur l'eau noire. La fête elle-même connaît un renouveau spectaculaire : en Pologne, en Ukraine, en Biélorussie, les nuits de Kupala contemporaines mêlent reconstitution folklorique, fête municipale et néopaganisme, avec des dizaines de milliers de participants.

Le jeu lui confie un pouvoir à sa mesure : tant que cette nuit-là brûle sur un lieu, il y fait jour. C'est le paradoxe de Kupala, la nuit la plus courte et la plus éclairée de l'année, où les feux tiennent l'obscurité en respect jusqu'à l'aube.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la nuit de Kupala ?

La grande fête du solstice d'été des peuples slaves : une nuit de feux au bord des rivières, de bains rituels, de sauts par-dessus les flammes, de couronnes de fleurs confiées à l'eau et de quête de la mythique fleur de fougère. Christianisée, elle est devenue la nuit d'Ivan Kupala, associée à saint Jean-Baptiste.

Quand a lieu la nuit de Kupala ?

Autour du solstice d'été : dans la nuit du 23 au 24 juin chez les Slaves de l'Ouest (Pologne notamment), et dans la nuit du 6 au 7 juillet chez les Slaves de l'Est qui suivent le calendrier julien (Ukraine, Biélorussie, Russie).

Que signifient les couronnes de fleurs sur l'eau ?

C'est un rite de divination amoureuse : les jeunes filles déposent sur la rivière des couronnes piquées de chandelles. Une couronne qui flotte loin annonce chance, longue vie ou mariage ; une couronne qui coule est de mauvais augure. Les garçons guettent souvent les couronnes en aval pour retrouver celle qui les a lancées.

Pourquoi saute-t-on par-dessus les feux à Kupala ?

Pour la chance, la purification et l'amour : qui saute le plus haut sera le plus heureux, et un couple qui franchit les flammes main dans la main sans se lâcher est promis au mariage. Le feu du solstice passe aussi pour protéger des sorcières et des mauvais esprits, très actifs cette nuit-là selon la tradition.

Légendes voisines

Sources

  1. Wikipedia (EN) : Kupala Night
  2. Wikipédia : Kupala
  3. Wikipédia : Fleur de fougère

La Nuit de Kupala dans Crie au loup

Ce site accompagne Crie au loup, un jeu de cartes gratuit sur les créatures du folklore. La Nuit de Kupala y coûte 4 chandelles pour 3 de puissance, avec cette capacité : « Tant qu'elle est en jeu, il fait JOUR sur ce lieu. » Tant que cette carte devrait rester en jeu, la nuit ne tombe pas sur son lieu : c'est tout le paradoxe de Kupala, une nuit si pleine de feux qu'il y fait jour, et où les créatures de l'ombre perdent leur royaume le temps d'un solstice.

On peut la croiser sur Bûcher du solstice, Plaine de midi et Plein midi, lieux de sa région dans le jeu.

La carte parmi les 252

Coût 4, puissance 3 : La Nuit de Kupala frappe plus fort que 33 % du bestiaire. Plus un point est gros, plus il y a de cartes sur cette case.

01234560471114coût en chandellespuissanceAbhartach, Bête du Gévaudan, Black Shuck, Cailleach, Dragons de Duhamel, Griffon… (4/5)Áine, Alkonost, Ammit, Baku, Barbegazi, Bugul Noz… (3/4)Alp, Anguana, Boggart, Boitatá, Croque-mitaine, Dame Blanche… (2/3)Amaterasu, Gargantua, Le Diable, Piasa, Tatzelwurm (6/10)Ankou, Djinn, Grendel, Gwyn ap Nudd, Kochtcheï, Nessie… (5/8)Baba Yaga, Centaure, Cerf blanc, Chapalu, Garache, Huldra… (3/5)Banshee, Belsnickel, Charon, Chupacabra, Clurichaun, Gargouille… (2/2)Basilic, Kuchisake-onna, Kumiho, L’Écho, Lavandières de nuit, Le Cadet… (3/2)Bécut, Dahu (2/5)Black Annis, Chimère, Curupira, Dullahan, Isonade, Joulupukki… (4/6)Bloody Mary, L'Olifant, Le Carnet du père, Loup-garou (3/1)Bouc de Yule, Drop bear, L'Auto-stoppeuse, Le Somnambule, Pooka (2/4)Brownie, Cat Sìth, Chat de Yule, El Coco, Gnome, Jack-in-the-Green… (1/2)Bulgae, Chaneque, Diablotin, Domovoï, Farfadet, Feu follet… (1/1)Bunyip, Grootslang, Ogre (4/8)Caramantran, La Lune rousse, Le Coffre, Le Gibet, Les Bottes de sept lieues, Ningyo (2/1)Chang'e, Dame de la Lune, Charybde, Chasse sauvage, Mesnie Hellequin (5/6)Changeling, Strigoï (2/0)Cirein-cròin, Kraken (5/11)Comte Arnau, Dame Holle, Dragon, Ogresse, Oiseau de feu, Simorgh… (5/7)Cortège des Tsukumogami, Le Conteur (6/7)Coulobre, Drac, Each-uisge, Golem (3/6)Cŵn Annwn, Dip, L'Aîné, Le Hollandais volant, Nosferatu, Penanggalan… (4/4)Diable de Jersey, Oiseau-tonnerre, Qilin, Scylla (4/7)Dragon de Wawel, Draugr, Gaasyendietha, Graoully, Leppalúði, Oni… (5/9)El Silbón, Gorgone, Máni, Roi des Aulnes, Selkie (3/3)Géant des montagnes (6/13)Grand Méchant Loup, Oiseau Roc (6/11)Jean Chastel (5/5)La Befana, La Diablesse, Père Fouettard, Roi des Korrigans, Stryge (6/8)La Chaîne, Matagot, Tió de Nadal, Utburd (1/0)La Main de gloire (4/2)Les Nornes (5/3)Léviathan (6/14)Louhi, Merlin, Reine des fées, Spring-heeled Jack (6/9)Marid (6/12)Poulpiquet (1/3)Sasquatch (5/10)Troll (3/7)Wendigo (3/10)Avec La Nuit de Kupala : Le Jour le plus long, Le Miroir voilé, Les Douze NuitsLa Nuit de Kupala