Gaasyendietha

Gaasyendietha, créature du folklore (Lac Ontario, pays sénéca), illustration

Sur la rive sud du lac Ontario, chez les Sénécas, on raconte un serpent immense qui vit dans les eaux profondes et qui ne se contente pas d'y rester. Gaasyendietha crache le feu et traverse le ciel sur une traînée lumineuse. Il serait né d'une météorite tombée dans le lac : la tradition ne sépare pas la chose vue en l'air de la chose qui vit dessous.

La légende

Gaasyendietha appartient à la tradition orale des Sénécas, l'une des nations de la confédération haudenosaunee, dans la région des Grands Lacs. On le décrit comme un serpent d'une taille considérable, aussi épais qu'un tonneau selon certaines transcriptions, muni d'une gueule et d'yeux démesurés. Il vit dans les profondeurs des lacs et des rivières, et le lac Ontario est son domaine le plus souvent cité.

Deux traits le distinguent des autres grands serpents d'eau du continent. Il crache le feu, et il vole : il peut traverser le ciel en laissant derrière lui une traînée lumineuse. C'est cette seconde caractéristique qui lui vaut d'être appelé, dans les traductions anglaises, le dragon-météore.

La tradition rapporte deux origines possibles, sans trancher. Selon l'une, il naît comme les autres serpents, d'un œuf. Selon l'autre, il est tombé du ciel avec une météorite. Cette double origine est cohérente avec ce qu'il est : un être qui appartient à la fois au fond de l'eau et au ciel nocturne, et dont l'apparition explique aussi bien un remous inexpliqué sur le lac qu'une lumière filant au-dessus des arbres. Il apparaît nommément dans un récit du cycle du héros culturel Ganyadjigowa, où il tue le protagoniste après avoir pris l'apparence d'un vieil homme.

Origines et histoire

Il faut être honnête sur l'état de la documentation. Le corpus disponible en français comme en anglais est mince, et beaucoup de pages qui circulent en ligne se recopient les unes les autres. Les références sérieuses tiennent en peu de titres : le dictionnaire anglais-séneca du linguiste Wallace Chafe, qui donne la forme du nom dans la langue, et surtout les rapports du Bureau of American Ethnology, en particulier le volume de mythes sénécas publié en 1918 à partir des collectes de Jeremiah Curtin et de J. N. B. Hewitt, ce dernier étant lui-même d'origine tuscarora.

Ces collectes du tournant du XXe siècle sont précieuses, mais elles ont leurs limites bien connues : traduction, sélection, mise en forme littéraire par des collecteurs extérieurs à la communauté. Ce qui nous parvient est donc un état particulier de récits vivants, pas une source primaire intacte. La tradition sénéca, elle, continue et n'appartient pas aux publications ethnographiques.

Un détail est souvent répété et mérite d'être signalé avec prudence : Gaasyendietha serait le nom donné par des autochtones à Jacques Cartier lorsqu'il aurait interrogé sur une créature aperçue dans le Saint-Laurent. Cette anecdote circule beaucoup sur les sites de cryptozoologie sans référence solide, et rien dans les relations de Cartier ne permet de l'établir. Il vaut mieux la mentionner comme une affirmation non vérifiée que comme un fait.

Ce qui est en revanche documenté, c'est la place des grands serpents cornus et des panthères d'eau dans les cosmologies des peuples des Grands Lacs, haudenosaunee comme anishinaabe. Gaasyendietha s'inscrit dans cette famille : les êtres du dessous, puissants, dangereux, à qui l'on doit du respect quand on traverse une eau profonde.

Variantes et cousins

Dans Peaux et Visages, Gaasyendietha voisine avec l'Uktena, le grand serpent cornu de la tradition cherokee, porteur d'un cristal sur le front, et avec Mishipeshu, la panthère des eaux des peuples anishinaabe, maîtresse du lac Supérieur. Ces trois êtres occupent la même fonction : ils habitent le fond, ils sont dangereux, et on ne traverse pas leur eau sans y penser.

Le Sisiutl, serpent bicéphale des peuples de la côte nord-ouest, et le Grand Corbeau, transformateur de la même région, complètent le tableau. La comparaison avec l'Ogopogo, autre grand serpent lacustre du set, est instructive : dans les deux cas, un être respecté par une nation autochtone a été rebaptisé et transformé en attraction par les arrivants.

Ce qui appartient en propre à Gaasyendietha, c'est la trajectoire aérienne. Il est le seul de cette famille à quitter l'eau pour le ciel, et cette particularité fait de lui, sans forcer le trait, une explication possible des météores vus au-dessus du lac.

Dans la culture

La créature est aujourd'hui surtout connue par les listes de cryptides, où elle figure aux côtés des monstres lacustres nord-américains. Ce classement est réducteur : Gaasyendietha n'est pas un animal introuvable que l'on cherche à photographier, c'est un être d'une cosmologie vivante. Des organismes de protection des Grands Lacs le citent d'ailleurs pour rappeler que le lac Ontario, qui fournit l'eau potable à des millions de personnes, a été pensé bien avant eux comme un lieu habité auquel on doit des égards.

La carte du jeu retient la traînée de feu. En arrivant, elle abat la carte ennemie la plus faible du lieu : c'est le passage de la chose lumineuse au-dessus des arbres, et ce qui se trouvait sur sa route n'est plus là.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Gaasyendietha ?

Un serpent gigantesque de la tradition orale des Sénécas, nation de la confédération haudenosaunee, qui vit dans les eaux profondes des lacs et rivières, en particulier le lac Ontario. Il crache le feu et peut traverser le ciel sur une traînée lumineuse, ce qui lui vaut le surnom de dragon-météore.

Pourquoi appelle-t-on Gaasyendietha le dragon-météore ?

Parce que la tradition propose comme origine possible qu'il soit tombé du ciel avec une météorite, et parce qu'il se déplace en laissant derrière lui une traînée de feu. Cette caractéristique le distingue des autres grands serpents d'eau des Grands Lacs, qui ne quittent pas leur élément.

Que sait-on vraiment de cette créature ?

Peu de choses de première main. Les sources disponibles se réduisent essentiellement au dictionnaire anglais-séneca de Wallace Chafe et aux collectes de mythes sénécas publiées en 1918 par le Bureau of American Ethnology. L'anecdote selon laquelle le nom aurait été donné à Jacques Cartier circule beaucoup sans référence vérifiable et doit être tenue pour douteuse.

Légendes voisines

Sources

  1. Wikipedia (EN) : Gaasyendietha (nom séneca et références ethnographiques)
  2. Biinaagami : Meet Gaasyendietha, the meteor dragon in Lake Ontario
  3. American Myths, Legends, and Tall Tales (encyclopédie du folklore américain) : Gaasyendietha, or Seneca Dragon

Gaasyendietha dans Crie au loup

Ce site accompagne Crie au loup, un jeu de cartes gratuit sur les créatures du folklore. Gaasyendietha y coûte 5 chandelles pour 9 de puissance, avec cette capacité : « À sa révélation : détruit la carte ennemie la plus faible de ce lieu (la traînée de feu ne fait que passer). » La carte détruit en arrivant la carte ennemie la plus faible du lieu, et c'est l'image même de la traînée de feu : Gaasyendietha ne s'installe pas, il passe, et ce qui se trouvait sur sa route au moment du passage n'y est plus.

On peut la croiser sur Bûcher du solstice, Plaine de midi et Plein midi, lieux de sa région dans le jeu.

La carte parmi les 252

Coût 5, puissance 9 : Gaasyendietha frappe plus fort que 90 % du bestiaire. Plus un point est gros, plus il y a de cartes sur cette case.

01234560471114coût en chandellespuissanceAbhartach, Bête du Gévaudan, Black Shuck, Cailleach, Dragons de Duhamel, Griffon… (4/5)Áine, Alkonost, Ammit, Baku, Barbegazi, Bugul Noz… (3/4)Alp, Anguana, Boggart, Boitatá, Croque-mitaine, Dame Blanche… (2/3)Amaterasu, Gargantua, Le Diable, Piasa, Tatzelwurm (6/10)Ankou, Djinn, Grendel, Gwyn ap Nudd, Kochtcheï, Nessie… (5/8)Baba Yaga, Centaure, Cerf blanc, Chapalu, Garache, Huldra… (3/5)Banshee, Belsnickel, Charon, Chupacabra, Clurichaun, Gargouille… (2/2)Basilic, Kuchisake-onna, Kumiho, L’Écho, Lavandières de nuit, Le Cadet… (3/2)Bécut, Dahu (2/5)Black Annis, Chimère, Curupira, Dullahan, Isonade, Joulupukki… (4/6)Bloody Mary, L'Olifant, Le Carnet du père, Loup-garou (3/1)Bouc de Yule, Drop bear, L'Auto-stoppeuse, Le Somnambule, Pooka (2/4)Brownie, Cat Sìth, Chat de Yule, El Coco, Gnome, Jack-in-the-Green… (1/2)Bulgae, Chaneque, Diablotin, Domovoï, Farfadet, Feu follet… (1/1)Bunyip, Grootslang, Ogre (4/8)Caramantran, La Lune rousse, Le Coffre, Le Gibet, Les Bottes de sept lieues, Ningyo (2/1)Chang'e, Dame de la Lune, Charybde, Chasse sauvage, Mesnie Hellequin (5/6)Changeling, Strigoï (2/0)Cirein-cròin, Kraken (5/11)Comte Arnau, Dame Holle, Dragon, Ogresse, Oiseau de feu, Simorgh… (5/7)Cortège des Tsukumogami, Le Conteur (6/7)Coulobre, Drac, Each-uisge, Golem (3/6)Cŵn Annwn, Dip, L'Aîné, Le Hollandais volant, Nosferatu, Penanggalan… (4/4)Diable de Jersey, Oiseau-tonnerre, Qilin, Scylla (4/7)El Silbón, Gorgone, Máni, Roi des Aulnes, Selkie (3/3)Géant des montagnes (6/13)Grand Méchant Loup, Oiseau Roc (6/11)Jean Chastel (5/5)La Befana, La Diablesse, Père Fouettard, Roi des Korrigans, Stryge (6/8)La Chaîne, Matagot, Tió de Nadal, Utburd (1/0)La Main de gloire (4/2)La Nuit de Kupala, Le Jour le plus long, Le Miroir voilé, Les Douze Nuits (4/3)Les Nornes (5/3)Léviathan (6/14)Louhi, Merlin, Reine des fées, Spring-heeled Jack (6/9)Marid (6/12)Poulpiquet (1/3)Sasquatch (5/10)Troll (3/7)Wendigo (3/10)Avec Gaasyendietha : Dragon de Wawel, Draugr, Graoully, Leppalúði, OniGaasyendietha