Les légendes du Poitou et du Marais poitevin

Le Poitou est le pays d'une des plus grandes fées d'Europe et d'un petit peuple particulièrement remuant. Entre les tours de Lusignan et les conches embrumées du Marais poitevin, on y raconte des histoires de serpente bâtisseuse, de lutins des grottes et de lumières qui dansent sur l'eau noire.

Tout commence avec Mélusine. La fée épouse Raymondin de Lusignan sous une condition : qu'il ne cherche jamais à la voir le samedi. Ce jour-là, dans son bain, elle redevient femme-serpent. Quand son mari, poussé par la jalousie, perce le secret, Mélusine pousse un cri déchirant et s'envole par la fenêtre, condamnée à errer jusqu'à la fin des temps. Le roman de Jean d'Arras, écrit à la fin du XIVe siècle, a fixé cette légende qui faisait de Mélusine l'ancêtre mythique des Lusignan. La tradition lui attribue la construction, en une nuit, de nombreux châteaux et églises du Poitou, dont la forteresse de Lusignan elle-même.

À ras de terre vit un peuple plus discret : les fadets ou farfadets. Le Farfadet poitevin habite les grottes, les creux de rochers et les vieilles pierres ; la nuit, il se glisse dans les fermes pour aider au ménage ou, selon son humeur, emmêler les crins des chevaux et renverser le lait. Les récits recueillis dans la région en font un voisin invisible avec lequel il faut composer : on lui laissait une part de galette ou un bol de crème pour s'assurer ses services, et surtout on évitait de se moquer de lui.

Le Marais poitevin, cette « Venise verte » de canaux et de peupliers, a son esprit à lui : le Feu follet. Sur les conches, par les nuits sans lune, des lumières bleutées semblent flotter au-dessus de l'eau et s'éloigner quand on s'approche. La tradition y voyait des âmes en peine, celles des noyés ou des enfants morts sans baptême, qui cherchaient à attirer les vivants dans la vase. La science y reconnaît aujourd'hui des émanations de gaz de marais qui s'enflamment, mais les anciens maraîchins, eux, ne s'y trompaient pas : on ne suit jamais une lumière qui vous appelle.

Fée serpente, lutin des grottes, âme des marais : le légendaire poitevin décline une même idée, celle d'un pays où l'eau et la pierre sont habitées. À la veillée, ces trois figures se répondaient : Mélusine pour la grandeur et la mélancolie, le Farfadet pour le rire, le Feu follet pour la peur salutaire qui garde les enfants loin des fossés.

Les créatures (4)

Les lieux de la région en jeu

Questions fréquentes

Qui est la fée Mélusine ?

Mélusine est une fée du folklore poitevin, mi-femme mi-serpente, épouse légendaire de Raymondin de Lusignan. Son histoire, fixée par Jean d'Arras à la fin du XIVe siècle, en fait l'ancêtre mythique de la maison de Lusignan et la bâtisseuse surnaturelle de nombreux châteaux du Poitou.

Que sont les feux follets du Marais poitevin ?

Ce sont des lueurs fugitives observées la nuit au-dessus des marais, interprétées autrefois comme des âmes en peine. On les explique aujourd'hui par la combustion spontanée de gaz issus de la décomposition des matières organiques dans la vase.

Régions voisines

Bretagne, Normandie, Val de Loire et Berry, Bourgogne, Jura et Franche-Comté, Auvergne et Gévaudan, Occitanie et Languedoc, Provence, Alpes et Savoie, Alsace, Lorraine et Ardennes, Paris et Île-de-France et Contes de Perrault.

Sources

  1. Wikipédia : Mélusine (fée)
  2. Wikipédia : Farfadet
  3. Wikipédia : Marais poitevin