Les légendes d'Irlande
L'Irlande est l'un des pays au monde où le folklore est resté le plus vivant : jusqu'au XXe siècle, on y détournait des routes pour épargner un buisson de fées. Sous ses collines vertes vit le peuple des sídhe, les anciens dieux devenus petit peuple, et c'est de leur monde que sortent toutes les créatures de cette page.
La tradition raconte que les Tuatha Dé Danann, peuple divin vaincu par les hommes, se réfugièrent sous les tertres, les sídhe, d'où leur nom de peuple des fées. De cette cohabitation entre deux mondes séparés par quelques mètres de terre naissent toutes les règles du folklore irlandais : ne pas déranger les tertres, ne pas accepter la nourriture de l'autre monde, et se méfier des soirs de fête où les frontières s'ouvrent.
Les plus célèbres habitants de ce monde sont des solitaires. Le Leprechaun, petit cordonnier des fées, passe ses jours à taper sur ses semelles et à garder son chaudron d'or au pied de l'arc-en-ciel : qui le capture peut exiger son trésor, mais il suffit de le quitter des yeux une seconde pour qu'il s'évanouisse. Son cousin le Clurichaun préfère les caves aux ateliers : ce fêtard nocturne s'installe chez qui possède une bonne cave, protège le vin des maisons qui le tolèrent et vide celles des avares.
D'autres figures sont nettement moins riantes. La Banshee, la femme des tertres, s'attache aux vieilles familles irlandaises : ses gémissements dans la nuit annoncent une mort prochaine, et l'entendre pleurer trois nuits de suite ne laisse guère de doute. Le Dullahan, lui, est le cavalier sans tête du folklore gaélique : il chevauche en portant sa propre tête sous le bras, et là où il arrête sa monture, quelqu'un meurt. On dit que seul l'or peut le faire fuir, ce qui est une bien maigre consolation à minuit sur une route de campagne.
Le petit peuple sait aussi jouer avec les vivants. Le Pooka, métamorphe capricieux, prend volontiers la forme d'un cheval noir aux yeux d'or qui offre aux ivrognes attardés la chevauchée de leur vie avant de les jeter dans un fossé au petit matin. Quant au Changeling, il incarne la plus angoissante des croyances féeriques : les fées voleraient les beaux nourrissons pour laisser à leur place un des leurs, vieillard grimé ou enfant-fée grincheux qui ne cesse de crier. Des récits attendrissants aux plus sombres, tout le folklore irlandais tient dans cette évidence : on n'est jamais tout à fait seuls sur l'île, et la politesse envers l'invisible n'est pas une option.
Les créatures (6)
Questions fréquentes
Que signifie le cri de la banshee ?
Dans la tradition irlandaise, la banshee est une femme de l'autre monde attachée à certaines familles. Son gémissement nocturne, le keening, annonce la mort prochaine d'un membre de la famille : elle ne cause pas le décès, elle le pleure par avance.
Qu'est-ce qu'un changeling ?
Le changeling est l'enfant substitué que les fées laisseraient à la place d'un nourrisson humain enlevé. Cette croyance servait autrefois à expliquer maladies et comportements inexpliqués des tout-petits, et l'on prêtait aux fées la crainte du fer et du feu pour s'en protéger.
Régions voisines
Pays Catalan, Écosse, Angleterre et Cornouailles, Allemagne, Autriche et Rhin, Scandinavie et Europe de l'Est et mondes slaves.