Moulin hanté

Moulin hanté, lieu légendaire du jeu Crie au loup

Une silhouette à contre-jour sur la colline, des ailes qui grincent dans le vent de nuit, une meule qui tourne parfois toute seule : le moulin a toujours mis les campagnes mal à l'aise. À l'écart du village, entre le meunier qu'on soupçonne et le diable qu'on invoque, il était le candidat idéal aux histoires de hantise.

Le lieu et sa légende

Le folklore français a beaucoup fréquenté les moulins. Le meunier d'abord : personnage à part, riche du grain des autres, il traîne dans les contes une solide réputation de voleur, au point que le motif du « meunier fripon » est un classique des récits populaires ; une farce médiévale s'amuse même du meunier dont le diable emporte l'âme en enfer. Une âme déjà promise, des sacs qui se vident mystérieusement : le décor du conte noir est en place.

Vient ensuite le diable bâtisseur. Dans presque chaque région, une légende raconte le moulin construit en une nuit par le Malin, contre l'âme du commanditaire, sur le modèle exact des ponts du diable. Et quand le moulin s'arrête, l'imaginaire continue : ailes qui tournent sans vent, lueurs rôdant au-dessus du toit certaines nuits, meuniers défunts revenus moudre. Un bâtiment qui grince, isolé sur sa butte, fait un revenant très convaincant.

Dans l'histoire

La Bretagne conserve l'exemple le plus fameux : le moulin de Crémeur, dit « moulin du Diable », près de Guérande (Loire-Atlantique). Bâti vers la fin du XVe siècle et classé monument historique en 1901, il doit son surnom à sa légende : un pauvre homme, Yves Kerbic, accepte le marché du diable, le moulin en une nuit contre son âme. Au chant des cloches du matin, une seule pierre manque ; Kerbic glisse une statuette de la Vierge dans une niche et se signe. Le diable, floué, disparaît dans un tourbillon de flammes, et la pierre manquante, dit-on, ne fut jamais posée.

Le moulin existe toujours : granit, toit de bardeaux, un peu plus de six mètres de haut. Restauré dans les années 1980 mais privé de son mécanisme, il ne se visite pas de l'intérieur ; une plateforme permet en revanche de l'approcher et de le photographier, et il figure parmi les monuments les plus célèbres de la presqu'île guérandaise. La légende, elle, se porte à merveille : un vitrail de la chapelle de Pen-Bron représente le fameux moulin.

Le lieu dans le jeu

Dans « Crie au loup », le Moulin hanté fait tourner sa meule à l'envers du monde : au crépuscule, la créature la plus faible du lieu gagne 2 de puissance. Le moulin moud la nuit pour les petits : ce que le jour a laissé fragile, la mécanique hantée le renforce.

C'est le refuge des cartes modestes : posez-y vos créatures faibles et laissez la meule travailler, tour après tour, jusqu'à en faire des adversaires sérieux. Face au Gévaudan qui dévore les plus faibles, le Moulin fait l'exact contraire : ici, la nuit répare. Les meuniers fantômes ont bon fond, finalement.

La règle du lieuÀ la fin du tour, la plus faible gagne 2. Voir toutes les règles du jeu.

Questions fréquentes

Pourquoi les moulins passaient-ils pour hantés ?

Parce qu'ils cumulaient tout ce qui inquiète : un bâtiment isolé et grinçant, un meunier à la réputation de fripon dans les contes, et des légendes de pacte où le diable bâtit le moulin en une nuit contre une âme. Un moulin arrêté qui tourne encore fait naturellement un récit de revenant.

Existe-t-il un vrai « moulin du Diable » ?

Oui, plusieurs, dont le plus célèbre est le moulin de Crémeur à Guérande (Loire-Atlantique), classé monument historique en 1901. Sa légende raconte que le diable le bâtit en une nuit avant d'être dupé par une statuette de la Vierge glissée à la place de la dernière pierre.

Créatures de la même région (Val de Loire et Berry)

Sources

  1. Wikipédia : Moulin de Crémeur
  2. Fédération des Moulins de France : moulin du Diable (Crémeur, Guérande)