Pont du Diable

Pont du Diable, lieu légendaire du jeu Crie au loup

Un torrent infranchissable, un pont trop beau pour être l'œuvre des hommes : il fallait bien un coupable. Dans toute l'Europe, la même histoire s'est accrochée aux arches les plus audacieuses : c'est le diable qui l'a bâti, et il attendait son salaire au bout du tablier.

Le lieu et sa légende

Le scénario varie peu d'une vallée à l'autre. Un village a besoin d'un pont, les crues emportent chaque tentative, ou l'ouvrage est simplement au-dessus des moyens des bâtisseurs. Le diable propose alors son marché : le pont en une nuit, contre l'âme du premier être qui le traversera. Le contrat signé, l'ouvrage s'élève, parfait.

Vient la ruse, car ces légendes sont d'abord des histoires de paysans plus malins que l'enfer. Au matin, on pousse sur le pont un chat, un chien ou un bouc : le diable, floué d'une âme sans valeur, entre en fureur et disparaît. Dans d'autres versions, un coq qu'on fait chanter avant l'heure lui fait croire à l'aube, et il abandonne le chantier à une pierre de la fin. Cette pierre manquante, ajoutent les conteurs, aucun maçon ne parviendra jamais à la sceller.

Dans l'histoire

L'archétype est massivement incarné : on recense environ 169 ponts du Diable rien qu'en France, et bien d'autres en Europe, du Teufelsbrücke du Saint-Gothard en Suisse au Devil's Bridge du pays de Galles. Ce sont presque toujours des ouvrages médiévaux spectaculaires : arche unique très haute, gorge vertigineuse, prouesse technique que l'imaginaire populaire préférait attribuer au surnaturel.

Trois exemples français donnent l'échelle. Le pont du Diable sur l'Hérault, entre Aniane et Saint-Jean-de-Fos, bâti vers 1025-1031 par les abbayes d'Aniane et de Gellone, compte parmi les plus vieux ponts médiévaux de France et figure au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques ; sa légende, attestée dès le XIIe siècle, raconte que le diable détruisait chaque nuit le chantier avant de se faire duper par un chat lancé sur le tablier. À Céret, dans les Pyrénées-Orientales, le grand pont sur le Tech porte le même nom et la même histoire. Et à Cahors, le pont Valentré garde, sculpté sur une de ses tours, le petit diable de sa propre légende.

Le lieu dans le jeu

Dans « Crie au loup », le Pont du Diable n'offre que 2 emplacements par camp, au lieu des emplacements habituels. Rien de plus fidèle : un pont est un passage étroit, on n'y fait pas tenir une armée, et chaque place s'y paie cher, comme l'âme promise du premier passant.

Ce goulot d'étranglement change toute la partie locale : impossible de noyer le lieu sous le nombre, chaque carte posée doit mériter sa place. Les créatures à forte valeur unitaire y règnent, et poser le premier, c'est parfois condamner l'adversaire à regarder le pont depuis la rive.

La règle du lieu2 emplacements par camp. Voir toutes les règles du jeu.

Questions fréquentes

Pourquoi tant de ponts s'appellent-ils « pont du Diable » ?

Parce que la même légende de pacte (le pont bâti en une nuit contre l'âme du premier passant, puis le diable dupé par un animal) s'est fixée sur les ouvrages médiévaux les plus impressionnants. On en recense environ 169 en France, et d'autres dans toute l'Europe.

Quel est le plus ancien pont du Diable de France ?

Le pont du Diable sur l'Hérault, entre Aniane et Saint-Jean-de-Fos, construit vers 1025-1031 : c'est l'un des plus vieux ponts médiévaux de France, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Créatures de la même région (Auvergne et Gévaudan)

Sources

  1. Wikipédia : Pont du Diable (légende et liste)
  2. Wikipédia : Pont du Diable (Hérault)