Champ de la battue

Champ de la battue, lieu légendaire du jeu Crie au loup

On imagine un chasseur solitaire et une bête. La réalité fut tout autre : des paroisses entières alignées en ligne, des dragons du roi, des ordres venus de Versailles. Des milliers d'hommes ont battu ces terres pendant trois ans — et pendant trois ans, ça n'a pas suffi.

Le lieu et son histoire

L'ordonnance royale du 14 octobre 1764 organise la traque de la Bête du Gévaudan et arme les paroisses. La chasse cesse d'être une affaire locale pour devenir une opération administrative, avec ses ordres, ses comptes rendus et sa hiérarchie.

Le capitaine Duhamel, à la tête d'un détachement de dragons, mène les premières grandes battues durant l'hiver 1764-1765. Les effectifs mobilisés lors de certaines opérations se comptent en milliers d'hommes, paysans requis compris.

François Antoine, porte-arquebuse du roi, prend le relais et abat aux Chazes, en septembre 1765, un grand loup dont le procès-verbal est établi le 20 septembre. La cour considère l'affaire close. Les attaques reprennent pourtant.

Pourquoi la battue échouait

Le principe de la battue est simple : une ligne d'hommes traverse un terrain en rabattant le gibier vers des postes de tir. Elle suppose un espace qu'on peut refermer, et un animal qui fuit devant.

Le Gévaudan offrait le contraire. Hautes terres ouvertes, ravins, bois épars, brouillards : un territoire trop vaste pour être bouclé, avec mille manières d'en sortir. Les comptes rendus signalent régulièrement des bêtes passées entre les lignes.

S'y ajoute une difficulté rarement soulignée : personne ne savait avec certitude ce qu'on traquait. Les descriptions se contredisaient d'un témoin à l'autre, et l'on cherchait peut-être plusieurs animaux à la fois.

Un lieu de veillée

Dans le jeu, le Champ de la battue renforce les chasseurs. C'est le seul lieu qui récompense des hommes plutôt que des créatures.

Il est représenté de jour, sur des chaumes après la moisson, et ce n'est pas un détail : les battues s'organisaient à la lumière. On rentrait avant la nuit.

C'est là que les chasseurs valent quelque chose. Ailleurs, et surtout après le crépuscule, ils redeviennent ce qu'ils sont — des hommes.

La règle du lieu+2 aux chasseurs ici. Voir toutes les règles du jeu.

Questions fréquentes

Combien d'hommes participaient aux battues du Gévaudan ?

Les effectifs mobilisés lors de certaines opérations se comptent en milliers, paysans requis compris. L'ordonnance royale du 14 octobre 1764 avait armé les paroisses et organisé la traque.

Qui dirigeait ces chasses ?

Le capitaine Duhamel et ses dragons pour les premières grandes battues de l'hiver 1764-1765, puis François Antoine, porte-arquebuse du roi, qui abat un grand loup aux Chazes en septembre 1765.

Pourquoi les battues échouaient-elles ?

Parce que le terrain ne se laissait pas refermer : hautes terres ouvertes, ravins, bois épars, brouillards. Les comptes rendus signalent régulièrement des bêtes passées entre les lignes.

Savait-on ce qu'on traquait ?

Pas avec certitude. Les descriptions de l'animal se contredisaient d'un témoin à l'autre, et il est possible que plusieurs bêtes aient été confondues en une seule.

Créatures de la même région (Auvergne et Gévaudan)

Sources

  1. Wikipédia : Bête du Gévaudan
  2. Département de la Lozère : La Bête du Gévaudan
  3. Wikipédia : Battue