Clairière de lune

Une trouée dans la forêt, l'herbe argentée par la pleine lune, et ce silence particulier des endroits qui attendent quelqu'un. Dans le folklore européen, la clairière au clair de lune n'est pas un décor romantique : c'est une salle de bal. Celle des fées, et l'on n'y est pas invité.
Le lieu et sa légende
Les fées du folklore ont leurs adresses : sources et fontaines, tertres creux, forêts profondes, et les clairières où elles tiennent leurs danses nocturnes. La ronde est leur cérémonie favorite, et le danger est bien documenté par les conteurs : le mortel surpris par la danse peut être forcé de la rejoindre, entraîné toute la nuit « jusqu'à dépérir par manque de repos », quand il ne disparaît pas tout à fait vers l'autre monde. Certaines nuits comptent double, et la pleine lune est la pire de toutes pour s'attarder sous les arbres.
Le folklore breton envoie dans ces mêmes clairières ses korrigans, danseurs en cercle autour de leurs feux, et les traditions de toute l'Europe y font passer dames blanches et esprits de la nuit. Le motif est toujours le même : un cercle, une musique qu'on n'aurait pas dû entendre, et un choix à faire très vite entre se boucher les oreilles et perdre sept ans de sa vie.
Dans l'histoire
Le plus étonnant est que ces bals laissent des traces, et qu'on peut les voir : les ronds de sorcières, ces cercles de champignons parfaitement dessinés qui apparaissent dans les prairies et les clairières. L'Europe médiévale y lisait l'empreinte des danses de fées ou de sorcières, et interdisait aux jeunes gens d'entrer dans le cercle, sous peine d'y être retenu ou emporté au pays des fées.
La mycologie a résolu l'affaire avec élégance : un rond de sorcière est une colonie de champignons née d'une spore unique, dont le mycélium progresse en cercle à mesure qu'il épuise le sol, de 5 à 40 centimètres par an en moyenne. Les plus grands anneaux dépassent le kilomètre de diamètre et comptent plusieurs siècles : il existe donc bel et bien, dans nos campagnes, des cercles centenaires tracés par des êtres invisibles. Les fées n'auraient pas fait mieux.
Le lieu dans le jeu
Dans « Crie au loup », la Clairière de lune vit sous un enchantement simple : il y fait toujours nuit. La lune n'y descend jamais derrière les arbres, et l'heure des rondes n'y finit pas.
Toutes les créatures dont les pouvoirs s'éveillent la nuit y sont en permanence à leur avantage : posez-y vos rôdeurs nocturnes et la clairière devient leur bal privé. Son double existe côté sorcellerie, la Clairière du Sabbat, au pouvoir identique : deux clairières, deux nuits éternelles, et deux très bonnes raisons de se méfier des trouées dans la forêt.
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on que les fées dansent dans les clairières ?
C'est un motif constant du folklore européen : les fées tiennent des rondes nocturnes dans les clairières, près des sources et des tertres. Le danger raconté est toujours le même : le mortel qui surprend la danse risque d'y être entraîné jusqu'à l'épuisement, voire emporté dans l'autre monde.
Qu'est-ce qu'un rond de sorcière ?
Un cercle de champignons qui pousse dans les prairies et clairières : une colonie née d'une spore unique, dont le mycélium avance en anneau (5 à 40 cm par an). Le folklore y voyait la trace des danses de fées ou de sorcières et déconseillait fortement d'entrer dans le cercle.