Grotte du Drac

Grotte du Drac, lieu légendaire du jeu Crie au loup

Sous la surface des rivières du Midi vit, disait-on, un être changeant et vorace : le drac. Du Rhône aux torrents pyrénéens, ce démon des eaux attirait lavandières et enfants vers son antre noyé. Sa grotte, c'est l'envers du monde : une caverne sous la rivière, d'où l'on ne remonte pas, ou pas avant sept ans.

Le lieu et sa légende

Le drac appartient au folklore occitan et catalan, et son nom descend tout droit du latin draco, le dragon. C'est un métamorphe : Gervais de Tilbury, au début du XIIIe siècle, le décrit comme une créature ailée et amphibie, au corps de reptile mais aux épaules et à la tête humaines ; ailleurs il prend la forme d'un cheval, d'un âne rouge surgissant la nuit près des ponts pyrénéens, voire d'un objet flottant. Sa méthode, elle, ne varie pas : faire miroiter un trésor à la surface, ou chanter, jusqu'à ce que la proie s'approche de l'eau.

La légende la plus célèbre est celle de Beaucaire, sur le Rhône : une lavandière, attirée par une lueur d'or entre deux eaux, est saisie par le drac et emportée dans sa grotte sous le fleuve. Elle y passe sept ans à servir de nourrice au petit du monstre, avant d'être rendue au monde des vivants. Pour amadouer la créature, certaines maisons laissaient une offrande de petits gâteaux, le « cocon del drac ». On n'est jamais trop poli avec ce qui vit sous la rivière.

Dans l'histoire

Le drac a laissé des traces bien réelles sur les cartes. Les linguistes rattachent à la même racine draco plusieurs noms de rivières alpines, à commencer par le Drac, ce torrent impétueux qui rejoint l'Isère à Grenoble : baptiser une eau dangereuse du nom du dragon, c'était prévenir les imprudents. À Beaucaire, dans le Gard, la ville assume fièrement son monstre, dont la légende de la lavandière est racontée depuis le Moyen Âge.

Et si l'on veut visiter une grotte du Drac en chair et en calcaire, direction Majorque : les grottes du Drach (« coves del Drac », les grottes du dragon en catalan), près de Porto Cristo, déroulent 2,4 kilomètres de salles concrétionnées autour du lac Martel, l'un des plus grands lacs souterrains d'Europe, long de 115 mètres et baptisé en l'honneur du spéléologue Édouard-Alfred Martel. La visite s'achève en concert sur les eaux noires du lac : la plus élégante des façons d'entrer dans l'antre du dragon.

Le lieu dans le jeu

Dans « Crie au loup », la Grotte du Drac donne +2 aux bêtes qui s'y trouvent. C'est la tanière par excellence : un repaire sombre, humide et introuvable, où les créatures sauvages reprennent des forces à l'abri des chasseurs.

En jeu, la grotte muscle les stratégies animales : loups, bêtes des marais et prédateurs y gagnent l'avantage du terrain. Attaquer une bête dans sa tanière n'a jamais été une bonne idée ; les lavandières de Beaucaire l'ont appris pour tout le monde.

La règle du lieu+2 aux bêtes ici. Voir toutes les règles du jeu.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le drac dans le folklore ?

Un démon des eaux du folklore occitan et catalan, héritier du dragon latin (draco). Métamorphe, il attire lavandières et enfants vers la rivière par des illusions ou son chant, puis les noie ou les emporte dans son antre. Gervais de Tilbury le décrit dès le début du XIIIe siècle.

Peut-on visiter une grotte du Drac ?

Oui : les grottes du Drach, près de Porto Cristo à Majorque, portent le nom catalan du dragon. On y descend vers le lac Martel, l'un des plus grands lacs souterrains d'Europe (115 mètres de long), où la visite se conclut par un concert en barque.

Créatures de la même région (Provence)

Sources

  1. Wikipédia : Drac (démon)
  2. La Tarasque : le Drac de Beaucaire
  3. Wikipédia : Grottes du Drach